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L’influence à tout prix contre les femmes Africaines

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Après l’appel à la défense des droits des femmes productrices de karité, nous poursuivons avec un nouvel angle permettant à chacun.e de comprendre l’importance d’autres facteurs invisibles expliquant pourquoi les femmes productrices de karité demeurent dans la pauvreté, malgré le travail que nous et d’autres marques menons pour les soutenir et pour revaloriser le karité artisanal brut non raffiné industriellement : ces facteurs sont l’individualisme et l’appât du gain facile à travers certaines stratégies de marketing d’influence.

Mais quand on creuse un peu plus profondément, cela provient aussi et surtout de l’irrespect des femmes africaines, de leur image ainsi que l’absence totale de considération de leur savoirs et savoir-faire.

Nous vous rassurons: l’article s’achève positivement car il le faut, et vous pouvez y contribuer. L’histoire est longue, nous la résumerons donc en quelques dates et exemples illustrant nos propos.

Pour aller au cœur du problème, passer directement à l’année 2018. 

2005 : LE DÉCLIC

Carole, cofondatrice de Karethic, achève son mémoire de fin d’études sur les stratégies de développement du commerce international du karité pour l’Afrique. Elle identifie la méconnaissance par le consommateur non pas du beurre de karité mais du karité dans sa globalité.

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L’arbre de karité et son importance dans le patrimoine culturel africain (notamment le lien entre l’arbre de karité, Soundiata Keita et sa mère Sogolon Kedjou, chassés du palais royal à cause du handicap de ce dernier), son rôle social et économique, la méthode de production traditionnelle du beurre de karité plus économe en énergie, son importance pour l’autonomie et l’indépendance des femmes, son rôle dans la lutte contre les effets du dérèglement climatique, son importance pour la biodiversité.

Toute cette connaissance sera mise en lumière à travers Karethic en 2010, après 4 années de projets pilotes sur le terrain avec les productrices, la recherche et développement sur les conditions d’obtention d’un karité brut de qualité, les conditions de stabilisation du karité brut dans les premières formules cosmétiques au beurre de karité brut certifié bio et équitable, affichant pour la première fois sur une étiquette de produits cosmétiques les termes Beurre de Karité artisanal, Non raffiné et Brut. Une folie il y a 10 ans car les qualificatifs “non raffiné”, “brut” ou “artisanal” ne collaient pas avec l’univers de la cosmétique. 

2011 : LA CONFIRMATION

Début de la distribution des produits Karethic en points de vente physiques bio et retours très positifs des clients. Ce qui était une intuition sur la transformation de la demande des consommateurs se confirme : Moins d’ingrédients, moins de transformation, moins de pollution, plus de simplicité, moins d’excès, plus d’efficacité.

2016 : L’ACCIDENT

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Carole Tawema et sa sœur survivent à un accident grave en rentrant de l’unité de production Karethic au nord du Bénin. Glwadys manque de perdre la vie écrasée par un véhicule. La livraison du karité est retardée. Une partie des clients professionnels décide alors de s’approvisionner en karité brut auprès d’autres fournisseurs sans garantie de qualité ni de certification et le font passer pour le beurre de karité Karethic. Par chance pour Karethic, certains consommateurs ne sont pas dupes et informent la répression des fraudes qui intervient rapidement auprès des marques concernées.

2017 : MISE EN LUMIERE

Après 6 années de distribution démontrant la qualité du beurre de karité brut produit par les femmes du Bénin, partenaires de Karethic, le karité brut est enfin mis en lumière dans les médias notamment dans l’émission La Quotidienne sur France 5. Il devient désirable et attise les convoitises d’une cinquantaine de marques qui décident de se contenter d’acheter du karité brut au meilleur prix auprès de femmes africaines déjà pauvres (et le revendre au meilleur prix donc), sans tenir compte de la nécessité d’appuyer les femmes dans leur organisation, techniquement, financièrement. En fonction des années, du karité brut de mauvaise qualité produit à partir d’amandes moisies par des femmes exploitées, est déversé sur le marché, avec des allégations trompeuses pour le consommateur (« Nous travaillons avec des coopératives », « karité éthique »…) . La réputation du karité brut est impactée de nouveau. Tant pis pour les efforts des productrices de karité qui avaient réussi à revaloriser leur métier.   

2018 : L’INFLUENCE “S’EMMÊLE” !

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Si ce karité brut mis sur le marché est plus abordable et rentable, le karité raffiné utilisé par 90% des marques cosmétiques, notamment des multinationales, l’est tout autant. Surfant sur le boom de la demande de produits naturels et la faille règlementaire qui n’impose pas à une marque cosmétique d’être certifiée bio avant de déclarer qu’elle l’est, certaines influenceuses « green » spécialisées dans le Do It Yourself (DIY) décident d’en faire la promotion pour satisfaire leur audience en quête de produits à des tarifs plus bas et conclure des partenariats rémunérés aussi bien avec des marques de karité raffiné que des marques de karité brut sans aucune garantie de qualité ou d’équité. La notion de justice sociale pour les productrices est donc survolée. L’impact écologique encore plus.

Sans surprise, la qualité n’est pas au rendez-vous. Pour expliquer cette odeur forte et donc la nécessité de raffinage, certaines influenceuses ou plutôt « créatrices de contenus (censées être) indépendantes », bloggeuses, youtubeuses, disposant d’une audience allant de 100.000 à 200.000 abonnés sont rémunérées pour promouvoir le karité raffiné et insistent sur l’odeur « naturellement » forte et déplaisante du karité brut qui justifie raffinage et désodorisation / parfumage.

Mettons de côté (pour l’instant) l’interrogation sur l’éthique et l’impartialité des personnes se qualifiant de créatrices de contenu indépendantes tandis qu’elles sont rémunérées par certaines marques pour mettre en avant leurs produits.

Rappelons qu’une créatrice de contenu engagée ou avec une éthique est censée fournir des informations éclairées (c’est-à-dire vérifiées et sourcées) à ses abonnés, sans jamais tenter de les manipuler.

Dans le cas du beurre de karité, la manipulation atteint son paroxysme: la preuve avec les extraits ci-dessous, issus de contenus accessibles à tous sur Internet.

  1. Pour souligner que cette odeur forte, propre au karité brut des femmes africaines n’est pas uniquement un avis personnel comme l’avancent souvent les influenceuses adeptes de la manipulation de leur audience mais un avis partagé par un nombre important de personnes : 

« Beaucoup de personnes encore en transition ne supportent pas cette odeur et à cause de cela, passent à côté des nombreux bienfaits du beurre de karité. »

« Ça sent trop fort »

« Ça sent mauvais, je ne peux pas mettre ça sur ma peau »

« Ça n’est pas du tout féminin »

2. Pour tenter de rassurer le lecteur sur la qualité du beurre de karité obtenu par le processus de raffinage, le qualificatif « pressé à froid », est subtilement ajouté, tout en décrivant une méthode d’extraction durant laquelle le beurre de karité est chauffé à haute température à plusieurs reprises. 

« Il existe plusieurs méthodes d’extraction, nous avons fait le choix d’extraire l’huile du Beurre de Karité par pression à froid. Cette méthode d’extraction permet d’obtenir un beurre de meilleure qualité dont les principes actifs sont préservés.

Le raffinage comprend plusieurs étapes :

Démucilagination ou dégommage : faire disparaître les cires et mucilages à l’aide d’injection de vapeur d’eau dans l’huile chauffée à environ 70°C. le but est d’éliminer certains composants en suspension dans l’huile.

Décoloration : ôter les pigments et la chlorophylle en filtrant l’huile à l’aide de charbon actif. L’huile est chauffée entre 90 et 120°C et la quantité nécessaire de terre à foulon est absorbée. Une fois l’action terminée, l’agent de décoloration est séparé de l’huile par une méthode classique, la filtration.

Désodorisation : extraire les produits volatils responsables du goût et de l’odeur. De la vapeur sèche, à environ 140°C, est envoyée dans l’huile chauffée à 180° sous vide.

Winterisation ou démargarinisation (étape non obligatoire) : l’huile est refroidie entre 3° et 8° pendant plusieurs heures. »

Avec cette conclusion surprenante :

« Le processus de raffinage n’enlève pas les qualités du produit, il permet seulement d’enlever l’odeur forte du karité et la couleur de la matière. » 

Toute huile chauffée à ces températures ne perdrait donc aucune de ses propriétés, peut être considérée comme une huile extraite à froid et écologique, sans impact sur l’efficacité et la qualité recherchée par le consommateur, à qui l’on vante et vend sans cesse les propriétés réparatrices du karité africain. Il suffisait pourtant de s’informer sur la terminologie « pression à froid » appliquée à l’huile d’olive par exemple. La température ne dépasse pas 50 °C.

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Si le raffinage du karité n’a aucun impact ni sur la qualité du produit, ni sur le plan écologique, pourquoi n’est-il pas indiqué karité raffiné sur les emballages des produits cosmétiques fabriqués à partir de karité raffiné. Ce, afin d’aider le consommateur à distinguer le karité raffiné du karité brut… en toute transparence ?  

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Et si le budget de l’énergie employée pour effectuer toutes ces étapes de raffinage (chauffer à haute température puis refroidir à très basse température) était plutôt utilisé pour mieux rémunérer les productrices de karité, leur permettre de travailler dans des conditions dignes et saines pour fournir un beurre de karité brut de bonne qualité ne nécessitant aucun raffinage ? Une Simple suggestion.

  • Enfin, un argument solide qui devrait plaire aux artisans savonniers, ravis de voir leur méthode de saponification à froid assimilée à toutes ces étapes de chauffe nécessaires pour raffiner le beurre de karité: 

« Fuir ou dire que le beurre de Karité raffiné par pression à froid n’est pas naturel cela reviendrait à fuir et dire que les savons saponifiés à froid ne sont pas naturels alors ? Si on part de ce principe. »

2020 : L’IMPACT SOCIAL NÉGATIF

Cette « vérité » dictée par l’appât du gain sur le karité produit par des femmes africaines et utilisé depuis des siècles par des femmes africaines (femmes africaines supportant bien entendu cette odeur forte et acceptant une piètre qualité de beurre -elles sont africaines, c’est normal !), s’est répandue comme une trainée de poudre jusque dans des ouvrages comme ci-dessous :

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Nous avons contacté la maison d’édition de l’ouvrage en question qui semble avoir compris et pris en compte la problématique :

La maison d’édition du livre cité ci-dessus, informée de l’impact de tels propos s’excuse, s’engage à corriger et propose à Carole d’éditer un livre de recettes pour Karethic en compensation, sans mesurer que l’impact va au-delà de Karethic. Les relances pour évaluer le nombre de livres distribués avec ces termes dénigrants resteront sans réponse.

Ou dans des vidéos YouTube comme celle ci-dessous, le passage sur le beurre de karité commence à 11m23s :

« Le beurre de karité quand il est de bonne qualité, c’est un beurre qui est brut et ça sent assez fort, c’est pas forcément très très agréable. »

Ici, la créatrice de contenu, interpellée sur le manque de respect et l’injustice faite aux femmes africaines en tenant de tels propos, comprend les arguments et présente ses excuses. Nous l’en remercions, même si pour aller au bout des choses, il faudrait explicitement corriger le tir auprès de son audience, par exemple dans une prochaine vidéo.

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Le manque d’information et les effets de la manipulation de l’information par certaines influenceuses contribuent donc au maintien des productrices de karité dans la pauvreté . Hélas, au nom de la liberté d’expression, quelques créatrices de contenus disposant de plus de 200.000 abonnés nient leur impact négatif et refusent d’agir positivement pour les femmes productrices de karité qui s’évertuent à proposer un karité de bonne qualité ne nécessitant pas de raffinage supplémentaire, énergivore et polluant.

Energivore, polluant, et en plus cruel, car reposant sur une industrie productiviste qui se satisfait du fait que le revenu moyen d’une femme africaine qui met sa vie et sa santé en danger pour récolter des amandes de karité et produire du beurre soit de 62 euros par an,  tandis qu’un soin au karité se vend toutes les 6 secondes dans le monde.

Il peut être surprenant de constater une rémunération aussi faible malgré les labels équitables existants censés garantir une rémunération plus juste des productrices, mais force est de constater que certains labels équitables se basent sur le prix juste fixé par les multinationales et les marques car “le consommateur n’est pas prêt à payer plus”. Pourtant le consommateur qui fait l’effort d’acheter un karité équitable s’attend à ce que le prix juste soit celui qui permette aux productrices de karité d’être autonomes et de vivre dignement de leur travail.

Nos appels à cesser de diffuser ces propos dénigrants et trompeurs, ne permettant en aucun cas d’améliorer les conditions de vie et de travail des productrices de karité, sont pour l’instant considérés comme étant des futilités et de la perte de temps de la part de certaines influenceuses.

Que faire? 

1/INFORMER

Nous avons en effet parfois l’impression que notre engagement pour la défense des droits des productrices de karité est considéré comme étant futile, nous sommes donc preneurs de toutes bonnes idées pour faire comprendre la problématique !

Nous vous demandons également de vous faire votre propre opinion sur le karité des femmes africaines en apprenant à identifier un beurre de karité naturel et authentique de bonne qualité.

Nous avons besoin de vous qui lisez ces lignes, pour sensibiliser et informer (avec pédagogie et bienveillance), chaque fois que vous le pourrez, tout créateur et créatrice de contenu sur les médias sociaux pensant être autorisé à dénigrer les femmes productrices de karité et leur travail, pour parvenir à vendre les produits d’entreprises qui les rémunèrent dans cet objectif, ce en utilisant des qualificatifs sans cesse péjoratifs pour décrire l’authentique karité africain, brut, non traité, non raffiné industriellement.  

2/CONTACTER L’ARPP (l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité)

Sans réponse ou action, il vous est possible de contacter l’autorité de régulation de la publicité sur ce lien en vous appuyant sur notre article.

Ce phénomène dure depuis des siècles et perdure avec force depuis l’avènement de l’influence, motivée par l’intérêt personnel et l’appât du gain.

Cela impacte Karethic et les 700 femmes avec lesquelles nous travaillons depuis 2010. Globalement, cela impacte les 16 millions de femmes africaines qui ont besoin d’une revalorisation du karité brut karité pour (sur)vivre.

Nous ne sommes qu’un grain de sable face à cette machine de l’influence à tout prix qui se moque des impacts sociaux et environnementaux. Votre soutien et votre action sont donc précieux.

Enfin, nous ne cesserons de le répéter: cette odeur forte du karité n’est pas l’odeur du karité naturel brut de bonne qualité, c’est l’odeur de la pauvreté. On ne lutte pas contre la pauvreté en la raffinant ou en la parfumant. La première étape pour obtenir un beurre de karité de bonne qualité, l’huile végétale la plus riche en principe actifs réparateurs, c’est le soin apporté à la qualité des amandes et aux conditions de production du beurre, donc aux conditions de travail et de rémunération des productrices.

Merci mille fois d’avoir lu cet article jusqu’au bout. n’hésitez pas à partager, commenter pour faire progresser les droits des femmes productrices de karité.

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